Chapitre 3 - Club Eroden Page 68



— Tu sais, elle ne sera pas déçue. Loin de là.
— Tu ne fais pas le moindre effort pour comprendre. Elle
n'aura que le dos à regarder!
— Tu ne semblés vraiment pas l'aimer!
— Pour ça, non! Mais ma curiosité l'emporte.
— Voilà qui ne m'étonne pas.
Il se fait tard, je dois partir. Elle ajoute une épingle de
diamants, une touche de parfum, embrasse son père et file
à sa voiture. Tout au long du parcours, elle essaie d'imagi-
ner la soirée en perspective.
A quoi tient ce fameux rituel?
Arrivée à la barrière du club, Anik est arrêtée par un gar-
dien. Il lui indique une place de stationnement sur la gauche
et l'invite à rejoindre le transport en commun, où déjà
plusieurs couples ont pris place. Les éternels retardataires
arrivent enfin et l'autobus démarre. Les sentiers lui sont
familiers, elle reconnaît l'emplacement du quarante-huit.
Petit virage à gauche et l'autobus débouche dans une clai-
rière et s'arrête face à un long bâtiment de pierre.
Tout le monde descend. Anik en profite pour examiner les
dames qui composent leur petit groupe. Elle se félicite, sa
tenue est dans la note; toutes exhibent plus qu'elles ne
dissimulent. Leur hôtesse, madame Griffon, fagotée dans une
issense cape de soie couleur vert émeraude rehaussée d'un
travail de pierreries, vient à leur rencontre.
On entend des chuchotements; la beauté de cette femme les
éclipse toutes. Comment demeurer insensible au mouvement
de cette toilette qui, prenant naissance dans le haut col, se
prolonge en une large courbe à la poitrine, s'arrête sous une
grosse bouche d'or à la ceinture et repart de plus belle en un