— Tu sais, elle ne sera pas déçue. Loin de là.
|
— Tu ne fais pas le moindre effort pour comprendre. Elle
|
n'aura que le dos à regarder!
|
— Tu ne semblés vraiment pas l'aimer!
|
— Pour ça, non! Mais ma curiosité l'emporte.
|
— Voilà qui ne m'étonne pas.
|
Il se fait tard, je dois partir. Elle ajoute une épingle de
|
diamants, une touche de parfum, embrasse son père et file
|
à sa voiture. Tout au long du parcours, elle essaie d'imagi-
|
ner la soirée en perspective.
|
A quoi tient ce fameux rituel?
|
Arrivée à la barrière du club, Anik est arrêtée par un gar-
|
dien. Il lui indique une place de stationnement sur la gauche
|
et l'invite à rejoindre le transport en commun, où déjà
|
plusieurs couples ont pris place. Les éternels retardataires
|
arrivent enfin et l'autobus démarre. Les sentiers lui sont
|
familiers, elle reconnaît l'emplacement du quarante-huit.
|
Petit virage à gauche et l'autobus débouche dans une clai-
|
rière et s'arrête face à un long bâtiment de pierre.
|
Tout le monde descend. Anik en profite pour examiner les
|
dames qui composent leur petit groupe. Elle se félicite, sa
|
tenue est dans la note; toutes exhibent plus qu'elles ne
|
dissimulent. Leur hôtesse, madame Griffon, fagotée dans une
|
issense cape de soie couleur vert émeraude rehaussée d'un
|
travail de pierreries, vient à leur rencontre.
|
On entend des chuchotements; la beauté de cette femme les
|
éclipse toutes. Comment demeurer insensible au mouvement
|
de cette toilette qui, prenant naissance dans le haut col, se
|
prolonge en une large courbe à la poitrine, s'arrête sous une
|
grosse bouche d'or à la ceinture et repart de plus belle en un
|