Chapitre 3 - Club Eroden Page 60



Jeanne sait très bien qu'elles sont suivies, mais, elle ne se
presse pas pour autant. Les voici presque à la porte, lors-
qu'une voix les interpelle:
— Vous êtes bien pressées mes mignonnes!
Jeanne continue d'avancer, sa main quitte la taille de son
amie pour venir enserrer le poignet. La tenant ainsi soli-
dement, elle peut l'écarter tranquillement et la pousser vers
la sortie. Très calme, elle se retourne lentement et dévisage
son interlocuteur:
— Ça te regarde?
—Vous n'aimez pas les cerises? Nous, on n'aime pas ça.
Jeanne s'est maintenant dégagée d'Anik. Elle évalue la si-
tuation; le deuxième a continué d'avancer, elle va se trou-
ver coincée entre ces deux vauriens. Anik, folle de peur,
reste figée sur place. Jeanne prend tout son temps, elle pa-
tiente encore un peu et laisse partir:
— Tu m'emmerdes, fils de chienne ...
L'insulte a porté, elle écarte une jambe, surveille les moin-
dres gestes du gars. Il s'avance, elle se rencontre sur ce
bras qui s'en vient, l'agrippe au passage et exécute avec un
art consommé, la prise de judo qui disloque l'épaule et en-
voie l'agresseur atterrir en vol plané dans le ventre de son
ami. Les deux comparses roulent au plancher.
Jeanne tire Anik hors de l'établissement et la guide vers la
voiture. Des hommes en civil se ruent à l'intérieur ... Anik
se retrouve dans la voiture tremblante, étourdie par ce dra-
me, car pour elle c'est vraiment un drame.
Son amie, le plus tranquillement du monde, a saisi la
montre sautoir qu'elle approche de ses lèvres et décrit le
couple qu'elles ont vu. Tout est précis, net; une blonde à