Jeanne sait très bien qu'elles sont suivies, mais, elle ne se
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presse pas pour autant. Les voici presque à la porte, lors-
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qu'une voix les interpelle:
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— Vous êtes bien pressées mes mignonnes!
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Jeanne continue d'avancer, sa main quitte la taille de son
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amie pour venir enserrer le poignet. La tenant ainsi soli-
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dement, elle peut l'écarter tranquillement et la pousser vers
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la sortie. Très calme, elle se retourne lentement et dévisage
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son interlocuteur:
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— Ça te regarde?
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—Vous n'aimez pas les cerises? Nous, on n'aime pas ça.
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Jeanne s'est maintenant dégagée d'Anik. Elle évalue la si-
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tuation; le deuxième a continué d'avancer, elle va se trou-
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ver coincée entre ces deux vauriens. Anik, folle de peur,
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reste figée sur place. Jeanne prend tout son temps, elle pa-
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tiente encore un peu et laisse partir:
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— Tu m'emmerdes, fils de chienne ...
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L'insulte a porté, elle écarte une jambe, surveille les moin-
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dres gestes du gars. Il s'avance, elle se rencontre sur ce
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bras qui s'en vient, l'agrippe au passage et exécute avec un
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art consommé, la prise de judo qui disloque l'épaule et en-
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voie l'agresseur atterrir en vol plané dans le ventre de son
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ami. Les deux comparses roulent au plancher.
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Jeanne tire Anik hors de l'établissement et la guide vers la
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voiture. Des hommes en civil se ruent à l'intérieur ... Anik
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se retrouve dans la voiture tremblante, étourdie par ce dra-
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me, car pour elle c'est vraiment un drame.
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Son amie, le plus tranquillement du monde, a saisi la
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montre sautoir qu'elle approche de ses lèvres et décrit le
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couple qu'elles ont vu. Tout est précis, net; une blonde à
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