Chapitre 3 - Club Eroden Page 57



— Dernier arrêt, chez Mimi.
— Quoi! Vous me conduisez dans cet endroit! Tous les
journaux à sensation n'arrêtent pas d'en parler! Je vous
avoue que j'ai un peu peur.
— Mais non. Ça ira très bien vous verrez.
Jeanne arrête la voiture à quelques pas de l'entrée, presse
le bouton de sa montre sautoir.
— Nous sommes au 222. Je t'attends avant d'entrer. Main-
tenant Anik, écoutez-moi bien. Ici ce n'est pas plus dan-
gereux qu'ailleurs, mais nous devons être prudentes car on
n'aime pas les écornif leurs. Faites comme moi.
— Quoi! Vous tenez à ce que j'ôte ...
— Nous serons plus dans la note! Déboutonnez le premier
du haut... Comme ça! Nous sommes prêtes. Ici, pour
eux, nous serons de petites amies. Vous me prenez par la
taille pour l'entrée et la sortie, compris? Autre détail, chez
Mimi, les consommations se résument à une coupe de cham-
pagne remplie de cerises qui ont trempé dans le vin. Il
vaut mieux ne pas en manger, vous faites le simulacre et
vous les laissez tomber sous la table. »
Un coup d'œil dans le rétroviseur rassure Jeanne, l'auto
noire arrive.
— Vous êtes prête, Anik? On y va.
Mimi, une grosse mégère, les reçoit et les guide à travers la
piste vers un des bancs du fond qui longe le mur. Elles
s'installent et font un premier tour d'horizon. Quelle am-
biance lourde! Anik n'a d'yeux que pour la piste située en
plein centre où les couples se balancent aux sons d'une musi-
que « Rock ». Face aux filles aux gilets tendus (Jeanne
avait raison, les filles n'en portent pas), les garçons, genoux
plies, dos renversés, culottes serrées, imitent la danse des
paons.