Chapitre 3 - Club Eroden Page 50



Lorsque Griffon m'a parlé de ce club, j'y ai installé mes
pénates. Ici, au moins, je vis selon mes goûts, j'écoute la
musique qui me plaît et je m'offre à l'occasion une aventure
sans avoir à craindre le chantage et les emmerdements. Ma
fille croit à l'existence d'une maîtresse, ça m'est bien égal.
Mais revenons à vous. Est-ce que vous comptez fréquenter
ce club régulièrement?
— Pas vraiment. Quelques visites me suffiront pour m'é-
clairer. J'avoue que je crains les avances de Madame Grif-
fon, mais votre chalet m'a emballée. J'aurais aimé le voir
animé.
— Pauvre vous! Vous y tenez? Après le spectacle, ils mon-
tent tous aux étages supérieurs et, là, à moitié drogués, ils
s'adonnent à leur petit jeu. Ces soirs-là, je préfère la
tranquillité de ma roulotte.
— Je peux voir la chambre? Toujours la curiosité.
Il appuie sur une fleur de cuivre et la tenture glisse.
— Comme c'est joli!
Le grand lit qui tient tout l'espace du plancher baigne dans
la lumière. Un dôme semi-circulaire, composé d'éléments
formant des hexagones qui retiennent autant de miroirs dans
leur cadre. Ce bois doré, les verres, la lumière, ça vous
coupe le souffle.
— Etendez-vous sur le lit.
Elle se glisse au centre de ce petit univers et reçoit des
centaines d'images de sa silhouette, le corps vu en entier et
en parties. Tous les gestes se décomposent... elle imagine
un couple ... elle n'en croit pas ses yeux. Elle n'a jamais
rien vu de tel, même au cinéma.
— Où dénichez-vous ces roulottes?
— On les achète nues, c'est-à-dire non finies et on les confie
&c