Chapitre 3 - Club Eroden Page 49



— Je vois bien que je vous dois une explication.
—Non. Vous êtes majeure et votre vie privée ne me con-
cerne pas.
— Ecoutez-moi. Je prépare une thèse en psychologie sur la
sexualité, ses progrès dans la société, ses développements.
Le docteur Griffon n'en sait rien, j'ai quelque peu forcé la
porte de cette clinique puis, par la suite, j'ai amené madame
Griffon à me faire cette invitation en qualité d'invité de
passage et je vous prie de croire que c'est la stricte
vérité. Je tiens à vous remercier pour la drogue. Je n'en ai
jamais pris et je ne tiens pas du tout à commencer mainte-
nant.
— C'est sérieux, cette histoire?
— Très. Je peux compter sur votre discrétion. Le cas con-
traire me chagrinerait car on m'expulserait de ce club.
— Ça change la perspective évidemment. Mais dois-je vous
croire?
— Vous avez ma parole, monsieur Jean.
—D'accord. Mon explosion de colère ne vous était pas
destinée car ce n'est pas vous que j'ai vue à la table mais
bien ma fille. Elle a presque votre âge et s'identifie hélas,
à cette jeunesse en révolte contre tout. Elle fréquente, cela
va sans dire, ces garçons barbus et aux longues chevelures
et s'accorde avec mon argent toutes les libertés imaginables.
Ils jouent aux pauvres dans ma maison bien chauffée et
se gavent à même les provisions du bonhomme sans oublier
l'auto-sport qui fait partie du décor.
Je ne comprends rien à cette manière de voir, mais je me
tais. Je n'ai qu'une fille que j'aime, malgré tout. Aussi,
j'évite discussions et chicanes inutiles.
En fait je voulais me venger sur vous.
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