— Je vois bien que je vous dois une explication.
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—Non. Vous êtes majeure et votre vie privée ne me con-
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cerne pas.
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— Ecoutez-moi. Je prépare une thèse en psychologie sur la
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sexualité, ses progrès dans la société, ses développements.
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Le docteur Griffon n'en sait rien, j'ai quelque peu forcé la
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porte de cette clinique puis, par la suite, j'ai amené madame
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Griffon à me faire cette invitation en qualité d'invité de
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passage et je vous prie de croire que c'est la stricte
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vérité. Je tiens à vous remercier pour la drogue. Je n'en ai
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jamais pris et je ne tiens pas du tout à commencer mainte-
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nant.
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— C'est sérieux, cette histoire?
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— Très. Je peux compter sur votre discrétion. Le cas con-
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traire me chagrinerait car on m'expulserait de ce club.
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— Ça change la perspective évidemment. Mais dois-je vous
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croire?
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— Vous avez ma parole, monsieur Jean.
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—D'accord. Mon explosion de colère ne vous était pas
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destinée car ce n'est pas vous que j'ai vue à la table mais
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bien ma fille. Elle a presque votre âge et s'identifie hélas,
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à cette jeunesse en révolte contre tout. Elle fréquente, cela
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va sans dire, ces garçons barbus et aux longues chevelures
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et s'accorde avec mon argent toutes les libertés imaginables.
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Ils jouent aux pauvres dans ma maison bien chauffée et
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se gavent à même les provisions du bonhomme sans oublier
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l'auto-sport qui fait partie du décor.
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Je ne comprends rien à cette manière de voir, mais je me
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tais. Je n'ai qu'une fille que j'aime, malgré tout. Aussi,
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j'évite discussions et chicanes inutiles.
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En fait je voulais me venger sur vous.
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f A
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