Chapitre 3 - Club Eroden Page 48



rehaussé aux joints par des moulures noires laquées, ils
sont agrémentés d'appliques en bronze qui rappellent le style
Empire, tels les aigles et les colonnades que nous laissèrent
cette époque célèbre. Une fresque érotique peinte d'après les
personnages de la Renaissance recouvre entièrement le pla-
fond coupole; le tout baigne dans une lumière diffuse
dissimulée derrière la décoration. Meublé de fauteuils mo-
dernes en cuir souple, le petit salon à quatre places qui
rayonne autour d'une magnifique table de fine marqueterie
en bois qui reçoit en son centre évidé le stéréo CIRCA.
Intérieur bien masculin qui reflète le bon goût, le raffine-
ment.
— Voilà Anik.
Cette voix bourrue la ramène à son hôte.
—Dites-moi, monsieur Jean. Vous me semblez de bien
mauvaise humeur.
—De mauvaise humeur! Il y a vraiment de quoi l'être.
Mais que faites-vous ici? Vous m'avez fait marcher, vous la
petite vierge au problème psychologique. Il vous fallait jouer
le jeu ce soir-là ... Elle est bonne celle-là ... Quel imbé-
cile j'ai été ... J'ai bien marché, ça oui... J'ai cru à votre
histoire ... Vous êtes tous pareils les jeunes, des putains
ou des désaxés qui renient notre veau d'or pour en adorer
un pire. C'est du propre!
— Vous avez fini de m'insulter? Je pars!
— Non restez, Anik Excusez-moi. J'ai perdu la tête. Je
vous en supplie, prenez ce verre avec moi. Lorsque je vous
ai reconnue à cette table ... le réflexe paternel a pris le
dessus. Voyez-vous, c'est soir de drogue au club et ça, je ne
le voulais pas pour vous. Je vous estime trop pour cela ...
Je sais, je devrais me mêler de mes affaires.