Anik s'empresse de quitter les lieux car le spectacle va com-
|
mencer à l'instant au rez-de-chaussée.
|
Elle longe le couloir aux murs de tuiles vernies qui mène
|
au salon, les lumières sont déjà tamisées. Elle prend le pre-
|
mier fauteuil libre. Une pression sur l'épaule, près d'elle,
|
une Chinoise l'invite à changer de place, le siège est réservé.
|
Elle croit reconnaître, de l'autre côté de la piste, madame
|
Griffon et Pauline qui s'embrassent sans retenue ... Ça
|
ressemble bien à Pauline, mais à cette distance et dans leur
|
position, elle ne saurait l'assurer.
|
La piste s'illumine, un appareil à disque déverse une musi-
|
que à GOGO et deux couples envahissent le cercle de
|
lumière. Ce sont des adolescents, entre seize et dix-huit ans,
|
pas plus, vêtus d'un minuscule pagne. Le tempo s'accélère,
|
les déhanchements deviennent plus saccadés.
|
Les ondulations de ces corps captivent l'auditoire et Anik
|
découvre une certaine beauté plastique dans la courbure
|
des reins de ces jeunes danseurs; cette courbe se défait si
|
vite avec les ans. Elle se lasse tôt de ces seins qui se bala-
|
dent, des pagnes qui rebondissent et son regard se porte
|
sur l'auditoire qu'elle fouille scrupuleusement, histoire de
|
faire connaissance avec les membres du club.
|
Ah! Voici qu'elle aperçoit le docteur Griffon (Michel) qui
|
occupe justement le siège qu'elle avait d'abord pris à son
|
arrivée. Il suit avec une grande attention cette jeunesse en
|
mouvement et semble fasciné par leur beauté; les filles sont
|
vraiment jolies. Autre surprise, dans l'auditoire, elle décou-
|
vre Jeannette, Paul, Isabelle et Pauline, pas de doute cette
|
fois-ci, elle les reconnaît tous.
|
Que font-ils donc ici? ...
|
— Bonsoir Anik. Je ne comptais pas vous trouver ici.
|