Chapitre 3 - Club Eroden Page 46



Anik s'empresse de quitter les lieux car le spectacle va com-
mencer à l'instant au rez-de-chaussée.
Elle longe le couloir aux murs de tuiles vernies qui mène
au salon, les lumières sont déjà tamisées. Elle prend le pre-
mier fauteuil libre. Une pression sur l'épaule, près d'elle,
une Chinoise l'invite à changer de place, le siège est réservé.
Elle croit reconnaître, de l'autre côté de la piste, madame
Griffon et Pauline qui s'embrassent sans retenue ... Ça
ressemble bien à Pauline, mais à cette distance et dans leur
position, elle ne saurait l'assurer.
La piste s'illumine, un appareil à disque déverse une musi-
que à GOGO et deux couples envahissent le cercle de
lumière. Ce sont des adolescents, entre seize et dix-huit ans,
pas plus, vêtus d'un minuscule pagne. Le tempo s'accélère,
les déhanchements deviennent plus saccadés.
Les ondulations de ces corps captivent l'auditoire et Anik
découvre une certaine beauté plastique dans la courbure
des reins de ces jeunes danseurs; cette courbe se défait si
vite avec les ans. Elle se lasse tôt de ces seins qui se bala-
dent, des pagnes qui rebondissent et son regard se porte
sur l'auditoire qu'elle fouille scrupuleusement, histoire de
faire connaissance avec les membres du club.
Ah! Voici qu'elle aperçoit le docteur Griffon (Michel) qui
occupe justement le siège qu'elle avait d'abord pris à son
arrivée. Il suit avec une grande attention cette jeunesse en
mouvement et semble fasciné par leur beauté; les filles sont
vraiment jolies. Autre surprise, dans l'auditoire, elle décou-
vre Jeannette, Paul, Isabelle et Pauline, pas de doute cette
fois-ci, elle les reconnaît tous.
Que font-ils donc ici? ...
— Bonsoir Anik. Je ne comptais pas vous trouver ici.