Chapitre 3 - Club Eroden Page 45



plafond lumineux. Aux murs des reproductions de dessins
érotiques connus et l'écusson du club, un grand « E »
stylisé. D'un coup d'oeil à sa montre, Anik constate qu'elle
peut encore se permettre de flâner un peu. Elle détaille les
croquis de Picasso, Matisse, lorsqu'une voix familière lui
parvient du bout du salon. Pas d'erreur possible, il s'agit
du docteur Griffon. C'est ou Michel ou Marcel qui doit
vraisemblablement parler derrière cet écran chinois. Une
voix féminine établit le dialogue. Poussée par une curiosité
bien féminine, Anik s'approche davantage.
— Mon chéri. Voilà ma surprise.
—Tu as le chèque! Le notaire Goddar me l'a remis ce
matin.
—Alors mon amour, tu m'offres ce petit rituel à la rosé?
N'oublie pas, tu me l'as promis.
— Avec plaisir, chère Evelyne. J'arrange cela dès demain.
— Embrasse-moi mieux que cela. Tu ne me semblés guère
heureux de mon petit cadeau! Qu'as-tu donc? Par moments
je ne te reconnais plus. Il n'y a pas si longtemps, tu aimais
caresser mes seins à me faire mal et maintenant tu les regar-
des à peine. Depuis la venue de cette Anik, tu es beaucoup
moins empressé.
— Que vas-tu chercher là? Tu sais fort bien Evelyne qu'Es-
ther a les yeux sur cette donzelle.
—N'empêche que tu m'apprécies moins. Je ne suis pas
seule à me plaindre. Moi qui me tue sous la lampe soleil
pour t'offrir la peau que tu aimes.
— Sois honnête. Tu te fais belle pour ton initiation.
—Assez bavardé. J'exige un acompte maintenant. L'amour
sur commande ça vaut mieux que pas d'amour du tout.
— Mais, Evelyne, je t'aime toujours.