Chapitre 3 - Club Eroden Page 43



Cette architecture toute spatiale avec ses trouées qui vont
chercher dans les cinquante pieds sous le toit vous coupe
le souffle. L'oeil n'arrive pas à se fixer, car les séries de
poutres s'entrecoupent à des niveaux différents et dans des
sens opposés. Du hall, où elle se trouve, Anik remarque
plusieurs plans horizontaux qui flottent autour du puits de
l'escalier. Autre détail, les plafonds s'arrêtent en deçà des
murs, de sorte que l'on apprécie encore mieux les points de
fuite des perspectives ainsi créées. Toute cette structure de
pins de Colombie repose sur des poutres peintes en rouge
écarlate, ceci crée un contraste sur le bois naturel et la
maçonnerie de pierre laissée à l'état brut. Anik n'arrive pas
à se faire une idée des dimensions, chaque élément semble
gigantesque, toujours ces trous, ces percées qui vont de deux
à trois niveaux et qui vous empêchent de prendre un point
de repaire.
— Anik, prenez tout votre temps pour explorer notre petit
univers. Un spectacle doit commencer à dix heures et demie
dans le grand salon ce qui vous laisse tout le temps de faire
connaissance avec les lieux. Je vous retrouverai tout à
l'heure.
Anik grimpe l'escalier d'un trait, jusqu'au palier supérieur,
elle s'y arrête pour reprendre son souffle et ses jambes. Elle
se reconnaît, cet étage se situe à la deuxième rangée des
lucarnes. Du palier où elle se trouve, elle découvre sur la
droite et la gauche deux immenses taches blanches éclairées
ici et là par des abat-jour aux couleurs variées du type
« Tiffany ». Quel étrange arrangement!
Revenue du choc initial, elle circule à travers toute cette
étendue de non-couleur qui, en fait, se décompose en une
multitude de formes variées formant meubles contour; des
tables, des divans, le tout sculpté à même la moquette de