Chapitre 2 - La Clinique Page 39



que je veuille me recycler sexuellement, je le ferais à l'aide
de bouquins, en allant au cinéma et avec un partenaire,
mais de toute façon, je ne me prêterais pas à de telles
exhibitions. Tu aurais dû voir ces séances ...
J'admets que pour quelques membres du groupe, je songe
à Pauline, Isabelle, Marc, cette cure a eu pour eux une effet
bénéfique. Mais, pour ce qui est des autres . . .
—Tu marques un point, Anik. Ne crois-tu pas cependant,
qu'une frustration encourue au cours de longues années,
engendre la révolte, la soif de liberté; le principe s'applique
aussi bien à la sexualité. Les films érotiques attirent des
foules et celles-ci sont composées en partie, si ce n'est pas
exclusivement, d'adultes. Ainsi donc certaines personnes
se libèrent au contact des images qui se déroulent devant
elles. Mais laissons cela, si tu veux bien, nous en aurions
pour la nuit.
— Père, parle-moi des Griffon.
— Que te dire? Ils semblent normaux.
Le fait que le docteur Michel n'accorde pas plus de temps
à la clinique, je devrais dire au pavillon, nous l'avons eu
trois ou quatre fois pas plus, m'a fort désappointée. En
fait, il laisse tout à Marcel et à sa femme. Pourtant le matin,
ils se rencontraient tous trois au bureau. Faut-il conclure
que Michel passe presque tout son temps à la clinique? Notre
pavillon en était nettement séparé, aussi, je ne pourrais
l'affirmer. Cependant, au cours de mes promenades, je voyais
sa voiture en stationnement. D'ailleurs, Mme Griffon m'a
avoué que son beau-frère était peu sociable et travaillait
beaucoup à la préparation de conférences.