Chapitre 2 - La Clinique Page 38



Le seul détail que j'ai cru bon d'omettre est cette attirance
physique qui me poussait vers cet homme. En fait, j'avais
instinctivement ôté ma veste de pyjama. Vois-tu, père, je
tenais à lui plaire, j'étais si heureuse qu'il me remarque ...
j'étais devenue une grande fille. Lorsqu'il me déposa sur le
lit, c'était une petite fille nue qu'il admirait.. . admirait est
un grand mot. A part cela l'ensemble colle assez bien à la
réalité.
— Anik, si tu me parlais de cette clinique de cinq jours.
— Je dois t'avouer que le tout se déroula selon un cadre de
stricte éthique professionnelle. Rien à dire de ce côté. Tu
peux rassurer tes confrères, ils ne me semblent guère objec-
tifs dans leurs façons de voir. Le programme, tracé avec
soin, assure des étapes progressives de libéralisation sexuelle,
elles mènent au but recherché; facilite les relations entre
couples. Le sérieux des exercices ne peut être mis en doute.
Les résultats obtenus chez Pauline et Isabelle, deux filles
dans la trentaine, parlent d'eux-mêmes; elles ont laissé à la
clinique tout leur attirail de fausses modesties, pudeurs nui-
sibles et ce sentiment d'introvertie. Le seul petit accroc
réside dans le comportement d'Esther avec moi au bain.
Encore là, j'ai pu mal interpréter son geste ...
Cependant à mon avis l'on doit se poser la question. Pour-
quoi ces gens paient-ils une somme assez rondelette pour
une telle clinique?
Qu'est-ce qu'un type comme monsieur Jean pense retirer
de tout ceci? Il m'a lui-même avoué n'avoir aucun com-
plexe. Une harmonie plus serrée du couple peut-elle expli-
quer la présence des gens mariés?
Afin de bien comprendre j'ai suivi une sorte de raisonne-
ment logique: si j'étais mariée, disons depuis vingt ans, et