avec la belle Esther et ces randonnées dans la campagne,
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n'avaient-elles pour but qu'une invitation éventuelle?
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— Oui. Evidemment! Et j'en suis fière.
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— Je ne veux pas être indiscret ma fille, mais cette séance
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avec ce M. Jean t'a-t-elle demandé beaucoup d'efforts?
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— Quelle question! Tu me connais pourtant assez pour le
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savoir. Ce monsieur s'est montré tout à fait bien.
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— Ta confession répond-elle à la stricte vérité?
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— Oui et non. Il y a du vrai et du faux.
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— Tu veux m'en parler?
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— Comme tu es curieux, père. Allons. Tu sais bien que
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je te taquine.
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Je m'étais préparée à fond pour cette confession. J'avais
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vu et revu tous les détails, ces souvenirs de jeunesse étaient
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encore bien vivants. Je me devais d'intéresser le docteur
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Marcel mais je crois que, sur ce point précis, j'ai raté mon
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effet. Il m'a écoutée distraitement tout au long de mon
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exposé.
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A la stricte vérité c'est beaucoup dire. L'effet de cette pre-
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mière expérience, lors de mes douze ans, me fut en fait
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bénéfique. En ce sens que, par la suite, j'acceptais d'autres
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caresses sans hésitation. Mon apprentissage de femme fut
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tout ce qu'il y a de plus normal, du moins je le crois. Na-
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turellement cette partie constitue le faux de la confession.
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— Pourtant c'est aujourd'hui seulement que j'apprends cet
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événement primordial de ta vie.
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— Si la petite fille que j'étais préférait les baisers et les
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caresses de son père elle se confiait plus volontiers à sa
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mère.
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— Touché.
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