Chapitre 2 - La Clinique Page 36



Ils s'installent dans les fauteuils contour, les jambes allon-
gées sur le tabouret commun, les coupes de Champagne ...
un petit spécial pour fêter le retour d'Anik . . . roulent entre
les doigts; on s'accorde quelques instants de rêverie.
Anik, heureuse de retrouver l'atmosphère familière se recro-
queville dans le creux du cuir souple, comme une chatte.
L'odeur du havane se mêle à celle plus épicée de la lotion,
le Champagne glisse comme du velours dans la gorge, Anik
est parfaitement heureuse.
— J'ai lu ton journal. Quelle précision! Je te félicite. Je
pourrai enfin affirmer avec certitude à mes collègues que
les travaux de la Clinique Griffon se tiennent dans un cadre
professionnel strict et que rien ne peut permettre la moindre
critique.
— Mais alors, Anik! Pourquoi veux-tu prolonger inutile-
ment cette indiscrétion auprès des Griffon? Tu sais fort bien
que ce club sélect n'offre aucune issue aux investigations
d'où qu'elles viennent. Des adultes peuvent se permettre
un tas de choses pour autant que ça reste entre eux; la loi est
ainsi faite.
— Je sais, père. Vois-tu, une phrase de madame Griffon
s'est ancrée dans ma mémoire:
— Le club met en pratique notre enseignement! Ça permet
pas mal de suppositions n'est-ce pas? Tu me connais, je suis
curieuse de nature et terriblement têtue. Ne crois-tu pas
que ton ami serait heureux d'en connaître un peu plus long
sur Eroden?
— Tu comptes toujours lui remettre mon journal?
— Certainement, Anik. Dis-moi. Cette comédie au bain