Chapitre 2 - La Clinique Page 26



sion. Il lui tend une cigarette, le feu, et se retire dans le
fauteuil au fond de la pièce.
— Cher monsieur, le hasard permet cette rencontre insolite
(n'est-ce pas le mot précis) si ce n'était du but précis que
nous poursuivons ici; se libérer de contraintes ridicules. Je
crois que nous devons nous incliner et entrer dans l'esprit
de cette cure avec le plus de naturel possible.
— Vous permettez?
Elle enlève son peignoir, tasse les oreillers et s'installe genoux
repliés à la tête du lit.
—Faites de même, cher ami. Le docteur Griffon a men-
tionné l'odorat, la vue et le toucher. Approchez-vous, je
vous en prie.
— Mademoiselle Anik vous me facilitez les choses. Je n'au-
rais pas voulu profiter des circonstances ...
Il enlève sa robe de chambre et répondant à l'invitation,
prend place au pied du lit. Cette présence incongrue, bien
dressée, ne lui cause aucun embarras.
— Mademoiselle, permettez-moi de vous complimenter sur
le choix de votre parfum. Pour le reste les mots seraient
inutiles. Je serai franc; pour moi il n'y a pas de problème.
Veuf depuis un an et comptant me remarier j'ai suivi l'avis
du docteur, mon ami, et je me suis joint à cette clinique.
Surtout ne me dites rien, mademoiselle. Au fait, je ne vous
ai rien révélé, mes gestes auraient parlé d'eux-mêmes.
— Rassurez-vous je m'en tiendrai aux consignes: odorat, vue
et toucher.
Elle a esquissé un geste.
— Non. Nous avons tout notre temps. Je désire m'en tenir
pour le moment au sens de la vue. Vous êtes très belle,
Anik. C'est curieux, à vous voir ainsi j'apprécie votre poi-