Chapitre 2 - La Clinique Page 25



Elle se prélasse dans l'eau chaude à laquelle les sels d'algues
ont donné une couleur émeraude, elle se fait nonchalante.
Le temps passe et il faut agir. C'est à regret qu'elle quitte
la chaleur bienfaisante du bain, se sèche lentement en jetant
des coups d'oeil à sa silhouette que lui renvoie le miroir.
Elle demeure indécise sur le choix du parfum à employer.
Lequel convient le mieux à une telle circonstance? « Fem-
me » de Rochas? « Cabochon »? Un peu des deux. Oui. Peut-
être! « Poivre » un délicieux parfum assez épicé, voici un
choix judicieux. Aime-t-il les épices? Quoi qu'il en soit,
elle opte pour « Poivre », endosse son peignoir de soie et
s'allonge sur son lit. Lorsqu'elle a décidé de se joindre au
groupe elle en acceptait toutes les implications. De tous les
célibataires (il doit l'être car il est seul) monsieur Jean lui
semble le plus normal. Un peu bedonnant il est vrai...
mais un regard franc qui fouille votre corsage sans com-
plexe. A tout prendre, ça ira avec lui. Elle se doit d'entrer
dans le jeu.
Elle perçoit à peine le son clair de l'horloge de la salle de
séjour qui sonne le quart.
— Viendra-t-il?
— Son invitation était-elle assez claire?
Il y a une bonne demi-heure qu'il a regagné sa chambre.
Enfin un coup discret à la porte de la chambre de bain ...
— Entrez, monsieur Jean.
—Bonsoir, mademoiselle Anik. Vous me voyez très flatté
de votre invitation.
Frais rasé, enveloppé d'une robe de chambre de pure soie
avec pochette assortie, ce monsieur lui fait bonne impres-