Chapitre 2 - La Clinique Page 15



tions douteuses et découvre enfin le pavillon de vieilles
pierres qui rappelle la Normandie.
Un homme de cour ouvre la portière. Sur le perron madame
Griffon, Esther, une déesse aux longs cheveux noirs l'ac-
cueille d'un sourire engageant.
—Bonjour mademoiselle Anik. Soyez la bienvenue parmi
nous! Les autres sont déjà là. Venez mais n'oubliez pas,
ici vous êtes seulement Anik; on ne porte que les prénoms.
Un instant plus tard, malgré la porte de l'extérieur, la
nouvelle arrivée ne sent aucune transition avec la salle de
séjour. Les présentations commencent. M. Paul, Mme
Jeannette, M. Marc, Mlle Pauline, Jacqueline, M. Gérard,
Mlle Lucette, M. François, Mme Marcelle, Mlle Isabelle,
M. Jean voici mademoiselle Anik qui vient compléter notre
petit groupe.
Cocktails, paroles inutiles et les voilà déjà tous installés
autour de la table présidée par le docteur Marcel Griffon
qui s'est joint à eux à la toute dernière minute. Madame
Griffon se tient à l'autre bout de la tablée.
Le silence, qui se fait dans son entourage, lui permet de
jauger ce groupe d'inconnus qui, par la force des choses,
deviendront vite des intimes sans que l'on connaisse pour
autant leur identité.
Quelle curieuse aventure! ...
C'est en femme qu'elle juge l'assemblée. Elle scrute les
pierres qui scintillent aux doigts et en déduit qu'elles ap-
partiennent à une classe privilégiée; les diamants et pierres
qu'elle voit scintiller font au moins deux à trois carats. Elle
risque un regard au bout de la table. Cette réplique exacte
mais souriante, cet homme détendu fait contraste avec l'au-