Le Dr Longchamps (président de l'Association des psy-
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chiatres) attend patiemment l'arrivée de sa fille Anik. S'il
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a accepté l'idée de ce traitement chez son confrère il n'en
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anticipe pas moins la fin à chaque entrevue.
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Depuis la mort prématurée de Madeleine, sa femme, il avait
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rapporté tout son amour sur Anik, qui d'ailleurs le lui
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rendait bien. Enfin son oreille perçoit le son familier de la
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Mustang, sa fille arrive.
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— Bonjour père. Excellente nouvelle.
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— Ces entrevues sont terminées.
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— Viens t'asseoir ma chérie et raconte-moi tout.
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Elle vient s'installer en travers du fauteuil en cuir rouge
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sur les genoux de son père. Elle lui abandonne volontiers
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ses lèvres et goûte le plaisir que lui procure cet accueil
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familier.
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— Enfin j'en ai fini avec ces entrevues. Oui papa, je vois
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clair dans ce labyrinthe de l'émotivité et le docteur Griffon
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m'assure qu'avec un peu de bonne volonté et d'efforts soute-
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nus je parviendrai à devenir une fille normale ...
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— Je le crois aussi. Tu sais. Ton cas ne présentait pas de
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difficultés.
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— Mais tu ne connais pas encore la vraie nouvelle!
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— Ne te presse pas, Anik. Lorsque tu es là sur mes genoux
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j'ai tout mon temps.
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Elle fait mine de se lever.
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— Non, je te taquine.
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— Le docteur Griffon m'invite à joindre un groupe de
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patients qui se soumettront à des études sur le comporte-
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ment humain. Ces travaux de recherche ... appelle-les
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comme tu voudras, débutent dimanche et se terminent le
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samedi suivant.
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