Chapitre 1 - La Clinique Page 9



Le Dr Longchamps (président de l'Association des psy-
chiatres) attend patiemment l'arrivée de sa fille Anik. S'il
a accepté l'idée de ce traitement chez son confrère il n'en
anticipe pas moins la fin à chaque entrevue.
Depuis la mort prématurée de Madeleine, sa femme, il avait
rapporté tout son amour sur Anik, qui d'ailleurs le lui
rendait bien. Enfin son oreille perçoit le son familier de la
Mustang, sa fille arrive.
— Bonjour père. Excellente nouvelle.
— Ces entrevues sont terminées.
— Viens t'asseoir ma chérie et raconte-moi tout.
Elle vient s'installer en travers du fauteuil en cuir rouge
sur les genoux de son père. Elle lui abandonne volontiers
ses lèvres et goûte le plaisir que lui procure cet accueil
familier.
— Enfin j'en ai fini avec ces entrevues. Oui papa, je vois
clair dans ce labyrinthe de l'émotivité et le docteur Griffon
m'assure qu'avec un peu de bonne volonté et d'efforts soute-
nus je parviendrai à devenir une fille normale ...
— Je le crois aussi. Tu sais. Ton cas ne présentait pas de
difficultés.
— Mais tu ne connais pas encore la vraie nouvelle!
— Ne te presse pas, Anik. Lorsque tu es là sur mes genoux
j'ai tout mon temps.
Elle fait mine de se lever.
— Non, je te taquine.
— Le docteur Griffon m'invite à joindre un groupe de
patients qui se soumettront à des études sur le comporte-
ment humain. Ces travaux de recherche ... appelle-les
comme tu voudras, débutent dimanche et se terminent le
samedi suivant.