Me voici étendue au fond de je ne sais quoi. Je suis
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affolée ... (Elle est tendue sur le divan.)
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Docteur, elles arrivent... Je les vois ... Des tas
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et des tas d'oranges qui me tombent dessus ...
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Arrêtez-les. De grâce arrêtez-les ... elles vont
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m'engloutir . ..
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— Calmez-vous. Ces oranges ne vous veulent que du bien.
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Cette voix chaude qu'elle perçoit à travers son cauchemar a
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le don de la rassurer. Elle ne se débat plus. Un long silence
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s'ensuit.
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— Je vous écoute. Poursuivez.
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Quel bien-être! Quelle agréable sensation! Non,
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vraiment je ne peux pas.
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— Allons mademoiselle Anik. Un dernier effort.
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Tous ces fruits, ils sont semblables à des mains qui
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s'agitent sur moi... sous moi... elles me ca-
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ressent, roulent entre mes seins, s'agitent entre mes
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cuisses ...
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... J'ai honte, docteur. Vous ne sauriez croire à
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quel point j'ai honte ... Cette sensation de
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plaisir ... Comme c'est laid! ...
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— Détendez-vous. C'est terminé.
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Elle repose maintenant bien calmement sur le divan contour
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à coque de fibre de verre. Le psychiatre arrête le magné-
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tophone. Il laisse filer les minutes. Il ne voit rien de ce
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corps que le froc dissimule à peine. Il apprécie, dissèque
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les énoncés et il se réjouit du résultat.
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— Allez vous habiller et revenez ici. J'ai à vous parler.
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Quelques instants plus tard Anik se présente, son visage est
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interrogateur.
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