Chapitre 1 - La Clinique Page 5



A des sexes dressés ... J'essaie en vain de pro-
longer mes enjambées. Mon voile a glissé de mon
épaule et un pan traîne jusqu'à terre. Tous ces
cactus qui me guettent de leurs épines.
Pourquoi? Mais pourquoi mon voile s'est-il accro-
ché? Les mains croisées sur ma poitrine je me
protège de mon mieux, je m'efforce d'avancer plus
vite, plus vite, mais sans succès ... mes jambes
ne répondent plus ... je me sens fatiguée ...
- Détendez-vous. Ça va mieux?
Me voici dans un long couloir sans fin ... ni
forme ... Je suis lasse.
• Pouvez-vous préciser ce couloir?
Oui, il se concrétise ... les proportions s'éta-
blissent, les détails se précisent. Je vois, mainte-
nant, des centaines de portes qui s'alignent de
chaque côté, tout au long de la projection.
Je distingue le plafond avec sa courbe vers l'inté-
rieur ... et tout se resserre. Un plancher en pente
comme dans les salles de cinéma. J'y suis . ..
J'y vois clair ... Je suis dans la coursive d'un
paquebot de croisière, probablement sur un pont
inférieur car le couloir m'apparaît dans toute sa
longueur. C'est affreux . . . Affreux! ... A chaque
porte un steward m'attend et essaie de m'arrêter.
Je n'avance plus qu'avec effort.. . Mes jambes font
mal... Je cache mes seins du mieux que je peux,
car ils sont tous là, des centaines à m'épier, à me
désirer.
Ça n'est pas possible! ... la panique s'empare de
moi. Toujours le même homme, le même visage