houette dans son ensemble. Quel mouvement! La volupté
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du sein menu, se détache nette, celui-ci donne un nouvel
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élan à la silhouette qui se complète par une fine colonne
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surmontée d'une jolie tête fière au visage ovale.
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Les minutes s'écoulent, il doit revenir à la réalité.
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—Tout semble en ordre, mademoiselle. Veuillez endosser
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ce froc; vous serez plus à votre aise pour l'entrevue.
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Il demeure là, à la regarder, pleinement conscient du trou-
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ble qu'elle suscite en lui. Il apprécie et détaille pour la
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première fois cette patiente ... Anik.
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Aucun défaut tranchant, le nez est droit, la bouche petite
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et le regard reflète une intelligence vive. En son for inté-
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rieur, il doit conclure que la fille est pour le moins jolie.
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—Mademoiselle Anik vous me rappelez les sculptures
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égyptiennes.
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— Ces filles sont-elles jolies, docteur?
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— Vous voudrez bien excuser cette remarque?
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— Pas du tout. Au contraire, docteur, vous m'intriguez.
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Seriez-vous amateur d'art?
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—A mes heures. Je suis pris au piège. Maintenant je
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vous dois une explication. Voici.. . Les Egyptiens incul-
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quèrent dans leurs œuvres une sensibilité, un raffinement,
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un certain mystère en opposition à celles des Grecs qui dé-
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sacralisèrent la sculpture pour ne représenter que des œuvres
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chamelles, telles les Aphrodites, la Venus de Milo ... Dans
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leur perfection absolue les Grecs n'offrent plus rien à l'ima-
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gination. Que de charme! Que de beauté dans la « Fille à
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la Cuillère », la « Nout Nut » ! Les Egyptiens faisaient de
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leurs femmes d'éternelles jeunes filles alors que les Hellè-
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nes, eux, sculptaient la femme tout court.
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