Du côté des producteurs

Le caféier ne produit qu'après 3 ans et devient rentable à partir de 5 ans. Sa durée de vie est comprise entre 25 et 50 ans. Un caféier produit, en moyenne 2,5 kilos de cerises par année. Une fois traités, les fruits représenteront 500 g. de café vert qui donneront 400 g. de café torréfié, soit à peine de quoi faire 80 tasses de café (de 10 cl). Un petit calcul édifiant: s'il faut 2,5 kilos de cerises fraîches pour faire 400 g. de café, il faut donc 6.25 g. de cerises pour faire 1 gramme de café. Considérant qu'un café serré contient 9 grammes de poudre, il faudra donc récolter près de 60 g. de cerises pour que vous puissiez vous préparer une bonne tasse de café! Pour remplir votre paquet d'une livre de café, les producteurs auront donc dû cueillir 3,125 kilos de cerises.

Le café est cultivé sur 11 milliards d'hectares, sur 4 continents, dans environ soixante-quinze pays du continent américain (60% du café mondial), d'Afrique (33%) et d'Asie (22%) et exporté par près de soixante pays.

Cette production annuelle se répartissait en 2000 en 65% d'Arabica et de 35% de Robusta, la production de Robusta étant en très nette hausse grâce à la poussée des pôles asiatique et africain.

Les premiers importateurs de café dans le monde sont les États-Unis (18 millions de sacs de 60 kg), suivis de l'Allemagne, de la France et du Japon.

Le prix du café est fixé sur les marchés à termes qui fluctuent fortement en fonction des éléments climatiques, évènements politiques et fluctuations monétaires.

Les 75 pays producteurs de café produisent 6,3 millions de tonnes de grains de café par an, soit 106 millions de sacs de 60 kilos. Ce qui est énorme comparé aux 900 000 tonnes du début du 19e siècle ou aux 40 millions de sacs de 1945. 60% des sacs exportés partent vers l'Europe, 24% vers l'Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada). Certains pays producteurs utilisent une partie de la récolte pour leur marché intérieur.

Aujourd'hui le café est devenu une richesse économique majeure, avec 15 milliards de dollars échangés par an. Chaque jour, deux milliards cinq cent millions de tasses de café sont bues dans le monde! Vingt cinq millions d'emplois sont générés, de la culture à la tasse d'espresso, ce qui fait du café le 2e produit brut échangé dans le monde, la deuxième valeur marchande en volume d'échange après le pétrole. Parmi les ressources naturelles, seule la valeur monétaire totale des échanges internationaux de pétrole est plus élevée que celle du café. Le café est le premier produit agricole d'exportation au monde, loin devant le blé, le sucre et le cacao. 106 millions de sacs de café vert de 60 kg voyagent outre-mer et sont annuellement torréfiés dans les pays consommateurs.

De nos jours, seulement quatre multinationales de l'alimentation acquièrent plus de 70 % du café exporté (café brut). À elle seule, la compagnie Nestlé achète 12% de toute la production mondiale. Les ventes totales de café de Cargill, une autre entreprise agroalimentaire, sont plus élevées que le produit national brut (PNB) de n'importe lequel des pays d'Afrique où elle s'approvisionne en fèves de café.

Producteur de café insignifiant il y a dix ans, le Vietnam est devenu le deuxième exportateur mondial de café et le premier producteur de robusta. En 1999, le Vietnam remplaçait l'Indonésie à la place de premier producteur de robusta et se classait troisième producteur mondial de café derrière le Brésil et la Colombie. A fin 2000, il produisait plus que la Colombie et se classait N° 2 mondial derrière le Brésil.

En cinq années, la superficie cultivée au Vietnam a été portée de 155 000 hectares en 1995 à 550 000 hectares en 2001. Dans cet intervalle, les exportations sont passées de 4 à 14 millions de sacs (soit 12,3% des 114 millions de sacs produits dans le monde). Seulement 4% du café cultivé est consommé dans le pays, le reste est exporté. En raison du petit nombre d'usines de transformation du café, toute la production est exportée brute. Les installations existantes, telles que l'usine de café publique Bien Hoa et Nestlé Vietnam, torréfient le café destiné à la consommation domestique et fonctionnent très en-dessous de leurs capacités

Le prix de base du café est établi par les négociants du New York Coffe, Sugar and Cocoa Exchange Inc. et par ceux du London International Futures Exchange. Ce sont ces prix qui ont directement un impact sur les négociants et les cultivateurs locaux. Par exemple, le 9 octobre 2001, le prix du robusta au London International Futures Exchange tomba à son plus bas niveau en trente ans. Le même jour, le prix des grains de café à Dak Lak, au Vietnam, tomba à VND4 000/kg - la moitié du coût de production de VND8 000/kg. D'une certaine manière, la rapidité de cette réaction, et sa répercussion directe sur les marchés locaux, reflète l'impact des nouvelles technologies. D'un autre coté, le pouvoir des négociants sur les échanges de café, et l'hyper-exploitation des petits producteurs au moyen de transactions spéculatives, n'a rien de nouveau, et est cohérente avec le passé colonial de l'industrie mondiale du café. L' idée est que, tant que les prix sont fixés aux bourses de Londres et de New York par de puissants intérêts économiques en Europe et en Amérique du Nord, l'Association des Pays Producteurs de Café (APPC) ne pourra pas gérer les prix de manière efficace, ni protéger ses membres. En fait, l'APPC a été crée en 1993 uniquement à cause de l' effondrement des Accords Internationaux sur le Café quatre ans plus tôt. Dans sa course pour imposer le " marché de libre échange " au reste du monde, le gouvernement américain s'est fortement opposé à la régulation des prix mondiaux du café par cet Accord, poussant vers leur effondrement en 1989. Ce fut seulement après cela que les producteurs à faible coût comme le Vietnam pénétrèrent le marché et cassèrent les prix.

Non seulement ces sociétés multinationales profitent de la crise à laquelle sont confrontés les cultivateurs et les travailleurs du café, mais leur manipulation des prix et de la demande mondiale en café, ont contribué à la crise actuelle. Dans les années 1980, début des années 90, la compétition acharnée entre les multinationales pour le partage du marché a vu la mise en valeur des prix plutôt que de la qualité, encourageant l'utilisation de robusta de qualité inférieure, spécialement pour les cafés instantanés. Ceci a mené à un développement rapide des cafés à robusta de qualité inférieure.

Le développement des grains de café génétiquement modifiés par les multinationales, menace de réduire encore plus les prix du café et mine le gagne-pain des petits exploitants agricoles. L'avance du café génétiquement modifié facilitera la concentration accrue des plantations de café dans des plantations agro-industrielles, et l' accroissement des contrats à destination des multinationales.

Du côté des consommateurs

Chaque jour, deux personnes sur trois consomment du café dans le monde.

Le café est une boisson très différente des autres parce que son élaboration dépend des cultures nationales : pour les Français, l'espresso, c'est 7 g de café pour 7 cl d'eau, pour les Italiens, c'est 8 g, pour les Américains 6 g pour 10 cl. Quant au Scandinave, il boit du café toute la journée mais ce café a une très faible dose en caféine.

Aujourd'hui, 90% du café vendu à travers le monde est du type moulu.

Etats-Unis

Selon les chiffres de Van Houten, aux Etats-Unis, 54 % des adultes, soit 110 millions de personnes, boivent du café chaque jour, et 25 % des adultes, soit 51 millions de personnes, en boivent à l'occasion.

Aux États-Unis, 20 millions d'adultes boivent chaque jour un café fin : variétés de grains haut de gamme, boissons à base d'espresso (café au lait, espresso, café moka et cappuccino) ou boissons glacées au café. Mais à l'exception de la communauté italienne qui a influencé le pays, avec la création, dans les années 1980, de la chaîne d'espresso-bars Starbucks, les Etats-Unis consomment surtout du café instantané, chauffé et réchauffé à longueur de journée.

Les hommes boivent plus de café que les femmes (1,9 tasse par jour contre 1,4 tasses).

Les amateurs de café boivent en moyenne 3,1 tasses de café par jour.

  • 35 % des buveurs de café aiment leur café noir et 62 % y ajoutent du sucre ou de la crème.
  • 62 % de tout le café consommé est bu au petit-déjeuner,
  • 22 % entre les repas, et 16 % aux autres repas de la journée.

Canada

Toujours d'après les chiffres de Van Houten, au Canada, 67 % des adultes boivent du café chaque jour, et ils en consomment en moyenne trois tasses par jour.

74 % de tous les grains de cafés utilisés le sont sous forme de café torréfié et moulu, 20 % sous forme de café instantané, et 6 % sous forme de café spécialisé.

Le café décaféiné compte pour 9 % de la consommation totale de café.

69 % de la consommation de café se fait à la maison ou chez une autre personne, 13 % au travail ou à l'école et 12 % au restaurant ou au comptoir de commandes à emporter.

Europe

Deux habitants de la planète sur trois consomment du café, dont une très grande majorité en Europe du Nord et dans certains pays scandinaves le chiffre monte jusqu'à 94%. De façon générale, plus le climat est froid et rude, plus on boit de café, boisson chaude par excellence. La Finlande (11,4 kilos de café vert par an et par habitant), la Norvège et la Suède ainsi que le Danemark, sont les plus grands consommateurs de café par tasse, puisque leurs habitants consomment en moyenne 5 tasses de café par jour (peu caféiné, il est vrai). Viennent ensuite les Pays-Bas et les pays germanophones (Autriche, Allemagne et Suisse).

L'Europe du Nord(Finlande, Norvège, Suède) affectionne les cafés " light roast ", très peu torréfiés, clairs et blonds. Ces cafés sont légers, doux et acides. Considérés comme les plus grands amateurs de café au monde, les Allemands l'apprécient avec les mêmes caractéristiques, mais en y ajoutant une pointe d'amertume. Leur café est légèrement plus torréfié, de couleur ambrée. Mêmes préférences pour les Autrichiens et les Belges.

Contrairement aux idées reçues, l'Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce) consomme beaucoup moins de café que celle du Nord, mais elle l'aime plus torréfié, " medium roast " (France, Italie du Nord) ou " full roast " (Portugal, Espagne, Italie du Sud). Quant aux Britanniques, leur intérêt pour le café est toujours aussi faible avec 2,3 kilos de café vert par an et par habitant. Pourtant grand amateur de café à la fin du 17e siècle, le pays de Sa Gracieuse Majesté a soudainement délaissé le café pour le thé. Et même si les Anglais montrent un regain d'intérêt pour le " petit noir ", 80% de ses consommateurs achètent du café soluble. Les Irlandais sont les plus petits consommateurs avec 1,8 kilos de café vert par an et par habitant.

En France, les 70 000 cafés accueillent quotidiennement 5 millions de personnes. La consommation annuelle de café atteint 400 000 tonnes et elle augmente de 5 % par an. Elle est de 5,4 kilos de café vert par an et par habitant. On boit le café très corsé dans le Midi, plus léger et aromatique en Alsace-Lorraine, acide, parfois rioté (goût iodé apprécié également des Belges, mais détesté partout ailleurs) et mélangé à un soupçon de chicorée dans le Nord.

On peut rappeler que le café est la 2e boisson la plus consommée en France derrière l'eau minérale, et qu'il peut être à la fois une boisson populaire et une boisson snob.

En France, le café soluble ne représente que 20% du marché.

Amérique du Sud

La part du Brésil, premier producteur, sur le marché mondial n'est plus que de 25% contre 60% en 1950.

Au Brésil, 50% de la production, soit plus de 13 millions de sacs, sont destinés au marché intérieur. Le Brésil fait exception car d'une manière générale, plus on se rapproche de l'équateur moins on consomme de café.

La Colombie arrive au second rang des pays producteurs de café et 350 000 familles y vivent de l'industrie du café.

Japon

Les Japonais ne consomment que 3 kilos de café vert par an et par habitant. Il s'y sont mis tard, mais recherchent le meilleur.